
D'autres sons
Sophie Bernado : basson
Catherine Delaunay : clarinette, cor de basset
David Chevallier : guitare, compositions
Sur le papier, une instrumentation qui semble sortir de nulle part : clarinette, basson et guitare ! Sauf que la musique n'est pas tant faite par des instruments que par les personnalités qui les jouent, et que vue sous cet angle, voilà une association qui apparaît comme frappée du sceau de l'évidence. Entre David Chevallier et Catherine Delaunay, ce sont des années d'échange et de partage, du temps de leur participation au grand ensemble Tous Dehors. Avec Sophie Bernado, la rencontre est de plus fraîche date, mais on devine déjà les accointances entre ces deux francs-tireurs,

capables de réunir les univers musicaux les plus éloignés. Quant à la clarinettiste et à la bassoniste, hasard ou destin, leurs chemins s'étaient déjà croisés il y a un demi-lustre, à l'occasion d'un projet autour d'Italo Calvino. Une seule certitude : ces trois-là ont en partage la curiosité et l'ouverture d'esprit, le sens de la prise de risque et le goût de l'inattendu. Alors, laissez-vous surprendre !
Clarinettes-guitare-basson bien ancrés sur scène, mais la musique est ailleurs. Les sons sortent d’une incantation, transperçant l’espace avec euphorie et légèreté. C’est fin, c’est joyeux. Catherine Delaunay nous balade de son souffle sur des lignes de crête, comme nos pensées le seraient lors d’un voyage initiatique. Il y a ce paradoxe du mystère accessible dans les graves profonds des clarinettes, une empreinte sonore du passé refaçonnée in situ dans ce trio. De ces invocations naît une polyphonie joyeuse, une dissonance parcimonieuse et collective qui s’entrechevêtrent tendrement. Le trio sonne comme le monde, ses humains et ses enjeux. Parallèle sonore de nos déboires collectifs. Promesses, aussi, d’une résolution dans ce Beau et ces nouveaux chemins sonores pistés par le trio.
Lucas Le Texier - Pointbreak